dimanche 2 septembre 2012

COL SAVOIE ET ALPES - SEPTEMBRE 2012 -opération 1 jour/1 col!


Bilan semaine : 460 km et 10900m>0

  •  Dimanche : UGINES - CORMET DE ROSELEND (1ère C) – UGINES 95 km  -2700 m>0
Depuis Ugines, quelques km sur la route des gorges de l'Arly, puid à droite via un premier petit col (Col de la Forclaz -7km - 450 m>0) pour se mettre en jambes, très joli dans les arbres.

   Après 5 km de descente, ça repart pour 30 km de montée, via Beaufort,  jusqu'au sommet du Cormet de Roselend. Pente modérée dans la phase d'approche, pour terminer par les 20 kms de grimpée, jamais très dur, mais long, et surtout très très beau. 
Paysage somptueux tout autour du Lac, avant une dernière grimpette pour atteindre le sommet. On redescend par le même endroit, en même temps que les nuages menaçant font leur apparition. Aux premières gouttes nous faisons une petite halte au troquet le long du Lac (café tarte myrtille!), avant de repartir. Le temps reste finalement sec. Nous décidons de revenir par Albertville pour éviter le col de la Feclaz au retour. Mais ce sera un long faux plat montant entre Beaufort et Albertville, qui finira de nous achever. Au final, 95 km bien raide
.



  • Lundi  :  LA LECHERE/BAINS–COL DE LA MADELEINE (HC) A/R : 60 km -1800m>0

  • Mardi : Mauvais temps - trajet voiture Albertville -Queyras -Gilte à Montbardon
  • Mercredi : MONTBARDON-COL DE L'IZOARD (HC) A/R - 43 km - 1600 m>0 




  • Jeudi : MONTBARDON -COL AGNEL (HC) A/R - 61 km A/R - 2000 m>0



  • Vendredi matin :Trajet voiture  GUILLESTRE-JAUSIER

  • Vendredi après midi : JAUSIER- COL DE LA BONETTE (HC) A/R - 46 km - 1600 m>0






  • Samedi: BARCELONNETTE - COL DE LA CAYOLE (2 ème Cat) - 56 km - 1200 m>0

dimanche 8 juillet 2012

ROTH 08/07/2012

CHALLENGE ROTH -  XXL (3,8 KM NAT/180 KM VELO/42 KM CAP) -08 Juillet 2012

Je me décide enfin à vous raconter cette journée si particulière du 8 Juillet. Bien plus qu’une compétition d’un jour, c’est l’aboutissement d’une aventure débutée il y a un an, le 18 juillet 2011, quand, à l’issue d’une étape du tour dantesque de plus de 10 h de vélo sous la pluie, nous nous sommes inscrits pour cette épreuve, sur le chemin du retour, sans vraiment savoir où nous nous embarquions, et sans aucune certitude. C’est aussi l’aboutissement de 3 derniers mois intenses où nous aurons parcouru, avec une météo de daube, plus de 2000 km à vélo et environ 250 km à pied. C’est  enfin la conclusion de 4 derniers jours d’attente entre doute et impatience : depuis la Pasta Party de Vendredi soir  (où en suivant les conseils du coach, nous avons gorgé le foie pour qu’il nous restitue tout ça en course (en espérant qu’il ne le restitue pas trop tôt !!)) et jusqu’à la soirée mariage du Samedi soir à l’hôtel dont on se serait bien passé
.
Bref nous allons réaliser ce jour le graal de tout triathlète, soit participer au mythique triathlon de ROTH sur la distance Iron Man. Est-ce qu’on s’est assez préparé depuis 1an ? Est-ce qu’on ne va pas exploser ou terminer en vrac ? La distance (3,8 Km natation, 180 km vélo et 42 km à pied) me paraissait complètement surréaliste  il y a 10 ans,  inabordable il y a encore 5 ans, et juste faisable à ce jour. Après une natation surement très difficile pour moi, je me disais qu’un vélo en 6h et une course à pied en 4h15 serait exceptionnelle et me garantirait une course dans les 12h/12h15.
Effectivement, la marche était un peu trop haute pour moi en natation, où j’en ai vraiment bavé sur la fin du parcours  et plus d’une demi heure pour les 800 derniers mètres. 1h42 et 2726 ème position/2754 à la sortie de l’eau, mais content d’être là !!
Passage dans la tente, et changement complet pour une tenue vélo. Ensuite que dire : partagé, entre l’envie de tout donner pour faire honneur à tout ce public amassé qui vous pousse sans arrêt, et s’économiser en prévision d’un effort inconnu. Parti dans la dernière vague en natation, 1h15 après les premiers, Je double peu sur le vélo, mais me fais surtout doubler par tous les relais partis quand à eux  ½ heure derrière moi en natation et qui ne ménagent pas leurs efforts sur leur machine de guerre, roue lenticulaire et guidon aéro. Un monde fou de partout, (200 000 personnes sur le parcours) jusqu’à l’apothéose de la côte Solarer Berg kilomètre 70 environ : l’espace d’un instant on se prend pour un champion ; la route s’ouvre devant nous au fur et à mesure que les spectateurs s’écartent, pour se refermer tout de suite derrière : émotion et frissons garantis : nous sommes sur une autre planète. Fin du premier tour : 90 bornes, 3 heures, et ce vent de face qui ne nous aura pas lâché de tout le 1er tour (et qui aura tourné avec nous : vas comprendre !!). La fatigue arrive doucement : je m’arrête au début du second tour pour attaquer mes sandwichs  jambon fromage : 5 petites minutes de pause qui font du bien. Je lève légèrement le pied dans ce second tour, car les cuisses commencent à se plaindre ! D’un coup un maillot  du club devant : pas du tout prévu au programme puisque d’après mes calculs et ma natation calamiteuse, le plus près a du attaquer le vélo 25 bonnes minutes devant moi, donc impossible à aller chercher sauf incident.  Je reconnais rapidement le coup de pédale de Jean Charles qui vient de finir lui aussi son sandwich, et qui me confirme effectivement un incident sur crevaison. Il ne sait pas encore que dans 1 heure il chopera le feu au pied, le fléau des cyclistes ! Après quelques mots réconfortants, nous nous séparons. Quand soudain, surgit face au vent, un futur héros d’un autre temps : nouveau maillot du club : impossible !! Et pourtant si. Fred avance tout doucement, mais est pourtant très frais : il m’explique rapidement qu’il a cassé un rayon à l’arrière,  ce qui l’empêche de rouler normalement. Je l’encourage mais il faut un sacré mental pour poursuivre à 15-20 km/h : Bravo. La fin de ce second tour est très longue. Je boucle le vélo en 6h09, un peu plus que mes prévisions,  mais pas si mal, compte tenu du vent et du léger dénivellé (1800 m>0).8h de course déjà :  après passage au stand et nouveau changement complet de tenue, je repars  donc pour les 42 km restants, avec le secret espoir de boucler mon premier marathon dans les 4h15. Les premiers 10 kil sans problème, tout en retenu à 10 km/h. :  on m’a dit et redit ‘surtout ne pas s’enflammer’, ‘courir très en dessous de ce que tu peux faire si tu veux aller loin’. Je croise Cédric au 7 ème kilomètre : il en est au 17 ème, soit 1 heure devant moi ; J’évalue rapidement qu’il a du me prendre environ 30’ en nat et pareil en vélo : c’est cohérent et conforme aux prévisions.. Il a l’air dans une bonne allure. Au 9 ème, je croise Christine  (qui fait cette course en préparation de  l’UTMB fin Août !!) qui en est à son 16 ème, soit un petit 40’ devant moi (mais partie dans les premières vagues 1 h avant) : elle courre comme une gazelle, absolument pas marquée : ce canal fait 18 bornes aller/retour, et n’en finit jamais. Je croise enfin Brigitte vers le 11 ème : je suis super content ; elle est toujours dans le coup et a plutôt  une bonne foulée. Je suis environ 20’ derrière ( mais parti 1 h plus tard en nat). Je passe au 12,5 km en 1h15 : tout va bien je suis encore dans mon allure à 10 km/h Demi-tour au bout du canal. Sur le retour, je croise Jean Charles, qui avoine grave, et qui me crie ‘fais gaffe je suis à moins de 6’  au kilo’ : il est à environ 20 minute derrière : à ce rythme il va vite revenir au premier coup de pompe !Un km plus loin c’est Fred qui est là : il a trouvé le mental pour aller au bout du vélo :super nous sommes encore tous les 6 en course. Au 15 ème je commence à coincer : les cuisses sont chargées à bloc. J’alterne avec un peu de marche aux ravitos pour récupérer, et tourne au coca: ma moyenne chute lourdement à moins de 8 km/h jusqu’au 21 ème que je passe en 2h15. Nous repartons de l’autre coté du canal, ou de nouveau je croise Cédric qui fait son Johann Diniz. Je lui souhaite bon courage : la fin risque d’être très longue pour lui !! Je continue de trottiner dans les 8 km/h afin de limiter la casse, mais c’est pas la grande forme. Je croise de nouveau Christine sur le retour, toujours aussi bondissante : impressionnant elle est maintenant à quasiment 50’’ devant moi. Un peu plus loin je recroise Brigitte et de nouveau j’ai une montée d’adrénaline de la voir là en train d’aller au bout de cette course extraordinaire : elle est encore 20 ‘ devant moi ; je l’encourage, et lui dit de profiter de son arrivée au stade, et que je suis trop loin pour l’accompagner. Après mon demi tour au bout du canal (30 ème kilomètre en 3h22), je croise encore Jean Charles toujours là mais qui avoine beaucoup moins : il me dit ‘ je crois que je suis plus à 6 au kilo’ J. A partir de ce moment, je réalise que j’ai 3 gels et que je dois réenclencher la machine.  Je m’engouffre le 1 er  gel juste avant un ravito,  et les 2 autres un peu plus tard, et incroyable je retrouve petit à petit des jambes. Je vais faire les 10 derniers kilomètres à plus de 10 de moyenne. Le temps d’apercevoir Fred, très loin mais toujours là, je fonce vers l’arrivée. Un petit tour dans la ville juste avant l’arrivée au stade : et la, miracle, Brigitte, 50 mètres devant moi : après 13 heures de course, on arrive au même instant à l’entrée du stade : incroyable : on rentre dans le stade ensemble ; on est seul au monde ; encore un nombreux public massé. On savoure (mais jamais assez) ces énormes moments pour lesquels on fait aussi du sport. On franchit cette ligne d’arrivée ensemble. 4h38 pour ce marathon qui se sera finalement plutôt pas mal passé. Finisher : l’échec de l’étape du tour de l’année dernière est effacé pour Brigitte. Il nous aura fallu 7 années de Triathlon pour pouvoir s’attaquer à cette distance.  Nous sommes sur un nuage, et souhaitons à tout un chacun de vivre ces moments exceptionnels de pur bonheur sportif, simplement content d’avoir atteint notre objectif de terminer cette course.
Un triathlon, une ambiance, un public hors norme. Tous les collègues finisher. Une journée formidable en fin de compte conclue par une bonne bière.
Quand à ma Brigitte, tant qu’elle n’est pas devant moi,  je la garde :-). Elle est vraiment très à l’aise sur ces courses longues et m’impressionne toujours.
Merci pour tous pour vos messages et encouragements : ce n’est que du sport, mais qu’est ce que c’est bon. Et si l’un d’entre vous veut vivre ça, je l’accompagne de nouveau en Allemagne.

Laurent


  Place
  /2754
    Nom Temps
Total
Temps
NAT
  Classt
   NAT
  Trans1 Temps
VELO
  Classt
 VELO
   Trans 2   Temps
   CAP
Classt
 CAP
1982  Tohier, Cédric 12h18'22'' 01h06'43'' 896   3'44'' 05h37'03''1069     4:11 05h26'42'' 2460
2237  Chabert, Laurent 12h45'45'' 01h42'53'' 2727   7'39'' 06h09'54'' 2041     7:00 04h38'21'' 1778
2355  Noualhaguet, Christine 13h03'37'' 01h14'19'' 1759   7'04'' 06h54'22'' 2620     7:47 04h40'07'' 1817
2465  Noualhaguet, JC 13h24'12'' 01h21'20'' 2334   8'55'' 06h42'06'' 2518    11:30 05h00'23'' 2169
2571  Usseglio  Brigitte 13h45'47'' 01h24'16'' 2454  11'14'' 06h52'32'' 2604      9:33 05h08'13'' 2277
2622  Gaulupeau Frédéric  14h06'21'' 01h03'53'' 614  5'29'' 07h19'08'' 2704      6:25 05h31'29'' 2490

dimanche 17 juillet 2011

L'étape du Tour 2011 - 17 Juillet

L"ETAPE DU TOUR 2011-ISSOIRE -ST FLOUR - 210 KM 3800 m >0


Dimanche 17 Juillet, c’était l’étape du Tour 2011 pour les amateurs. L’étape retenue était celle du massif central, où Thomas Vöckler a pris le maillot jaune.
210 km entre Issoire et St Flour. 8 cols répertoriés : 3 de Seconde catégorie ; 3 de troisième, et 2 de  quatrième. Pour un dénivelé >0 total de 3800 m.

Ci-dessous un récit de cette longue journée (une portion au milieu n’est pas de moi, mais j’ai trouvé ça très bon !)
En vérité, ce dimanche, nous avons basculé dans une autre dimension :  celui des martiens, ou d’une autre planète inconnue où les terriens, et encore moins les cyclistes,  n’ont pas leur place, et où seules les quelques bêtes cornues, à viande ou à lait, osent encore s'aventurer, quelque soient les saisons…et la météo !
 Nous étions nombreux du club pour cette étape du tour : Brigitte et Christine, Cédric, Hervé C, JPP, Jean Charles, Yves et Moi, accompagné de mon copain Fred de Marseille.
Réveil à 4h15 : 4h30, comme prévu, il commence à pleuvoir, et pas que du crachin ! Ce sera grosso modo non stop jusqu’à 18h !!
Départ 7h pour les premiers SAS et vers 8h pour les derniers : normalement, la pluie n’a jamais découragé un cycliste, et encore moins un triathlète, donc en avant toute !!
Dans le SAS au départ, un camarade de jeu, qui semble bien connaître le coin me dit : ‘en haut de Massiac, on va prendre vent de face sur le plateau pendant 20 bornes : ça va faire mal’.
Nous voilà parti : la prudence est de mise sur cette chaussée glissante. Après 40 km de légers faux plat en fond de vallée, la côte de Massiac se profile. 3 ème catégorie : une espèce de Gineste de 4 km.
Montée tranquille : tant que je n’ai pas franchi Puy Marie et Perthus, les 2 difficultés majeures du jour, je préfère garder des forces.  Au milieu de la montée, Cédric me reprend et me décroche au train après avoir échangé quelques mots de réconfort.
'Lorsque soudain, au sommet de Massiac, nous quittons la planète terre et nous retrouvons projeté à des années lumières sur une autre galaxie, sans capitaine flamme........ Vent violent 3/4 face, pluie en rafale, le thermomètre descend jusqu'à atteindre 6 ° au sommet du col de je sais pas quoi à 1200 m  juste avant Allanche. Entre temps, c'est de la boucherie, le vent envoie dans le fossé les coureurs les moins adroits, les pelotons s'étirent, se cassent, se reforment, ça gueule de tous les cotés dès que les mecs font un écart, sauve qui peut. Je n'ai jamais connu des conditions aussi apocalyptiques, même dans mes cauchemars les plus fous. Je suis en mode économie d'énergie.... car c'est bien connue, l'énergie est notre avenir... et le mien d'avenir je le vois pas bon du tout dans les prochaines heures.' Je commence à plus pouvoir maitriser mes doigts, je m'enfile mon second gel anti oxydant depuis le départ, par précaution.
'Dans les 3 km de descentes sur Allanche, je réalise que je peux à peine freiner. J'aperçois un troupeau d'extra-terrestre dans le paysage avec des cornes et au pelage marron rassemblées face au vent en peloton, s'abritant les une les autres...'

Je descend sur les freins, avec les premiers tremblements de mâchoires... 
Arrivée à Allanche : l’hécatombe : des troupeaux de cyclistes hagards, agglutinés devant des rôtissoires à poulet ; d’autres errant, pris de spasmes congestifs ; d’autres en limite d’hypothermie, emmitouflés sous des couvertures de survie. Des bénévoles gentils mais débordés. A ce moment là, un seul objectif : passer le moins de temps possible ici, car il en faudrait très très peu pour se laisser entraîner et bâcher. Je claque des dents, mais je crois avoir encore assez de force pour avancer contrairement à beaucoup, déjà livides et frigorifiés. Malheureusement, pas de boissons chaudes à ce ravito (ou alors pas vu). J’ingurgite mon premier sandwich jambon/fromage, une banane, un nouveau gel, et je repars, toujours en claquant des dents, avec l’objectif du Puy Marie et du Perthus, les 2 difficultés majeures du jour. Après 30 bornes de petites bosses, j’attaque le Puy Marie. Curieusement, je croise quelques cyclistes en sens inverse : ça sent pas bon ! qu’est ce qui nous attend encore là haut !! Le col se fait dans le froid et le brouillard, j’entends des cloches, et j’imagine donc les vaches pas très loin, mais invisibles. Mon portable bip et me signale un message : je me dis que ça doit être Brigitte et que c’est mauvais signe. La fin du col est super raide, avec 2 derniers km dans les 10% de moyenne, ce qui a l’avantage de me réchauffer. 2 deg au sommet : autant ne pas traîner en short par là. Après 500 mètres de descente, je suis de nouveau réfrigéré. 7 km de descente à 25 km/h max : au passage, dans le virage dit de ‘Vinokourov’, je me dis qu’il s’en est pas si mal tiré. En bas nouveau ravito (j’écoute mon message et effectivement Brigitte m’annonce qu’elle est avec la bande (Cédric, Hervé, JPP, Christine) dans un café au 1er ravito : je suis déçu, mais en même temps content de la savoir en sécurité au chaud). Ici y a du café : YES !! une boisson chaude, ça fait vraiment du bien. J’engouffre mon second sandwich et une 3 ème pâte de fruit :  il faut bien ça avant d’attaquer le Perthus (2 ème catégorie – 4,5 km à 8% de moyenne avec 1 km de descente au milieu !), 1 km plus tard. Virage à gauche, et là une rampe de psychopathe se dresse devant nous : le début du col est vraiment très raid avec passages à 13 ou 14% , tout à gauche bien sûr, et à 7,5 km/h !! 2 km,  avant un plat /descente bienvenu, puis de nouveau 1,5 km à 11 ou 12%. Heureusement que c’est court. Dans ce col quelques éclaircies, qui, couplées à la pente, nous réchauffent définitivement ce coup ci. Maintenant je sais que j’irai au bout (sauf casse ou défaillance physique). A partir de là, c’est un régal, on roule en petits groupes : j’avoue, je prend pas beaucoup de relai !!  le parcours est très vallonné : les bosses entre 5 et 7% se succèdent aux bosses, sur 3 ou 4 km à chaque fois : col de Cère, col de la Chevade, Col du Prat de Bouc (8 km à 6%), château d’Alleuze.
Ca finit jamais, mais plus on avance, et plus l’euphorie me gagne. Je me surprend dans certaines portions à crier tout seul tellement rien ne peut plus m’arriver après tout ce qu’on vient de vivre. Je croise un gars avec son vélo à la main, la patte de dérailleur cassée : oups rappel à l’ordre, ne pas s’enflammer. La fin de parcours se fait tambour battant, dans les roues à 35/40 km/h, avec toujours cette pluie plus ou moins forte par moment. Le compteur défile 170 , 180, 190 km. C’est une sensation bizarre et très inhabituelle pour moi, de voir tant de km au compteur, et d’avoir autant de jambes pour pouvoir encore relancer. Je crois que je n’ai jamais été aussi bien après autant de kilomètres.
Enfin, la délivrance, 208 km : une dernière montée de 1,5 km à 6% pour passer sur la ligne. J’aperçois Brigitte et une partie de la troupe dans le dernier virage : ça me fait chaud au cœur ; je sais qu’ils doivent être très déçus, d’autant de préparation pour bâcher à cause d’une météo complètement exceptionnelle. Mais cet échec est tout relatif ramené à ces conditions de course.
Je franchis la ligne en un temps de 9h50, ce qui est bien au dessus de toutes mes prévisions. Mais aujourd’hui, ce n’était pas là le plus important.
Durant ces 10 h, j’aurais consommé 6 gros bidons, 7 gels, 5 pâtes de fruit, 2 bananes et 2 sandwich, et le saucisse Truffade de l’arrivée y sera passé en 5 mn.
Sur 10 au départ, nous serons 4 du groupe à passer la ligne d’arrivée (Yves, JC, Moi et  Fred encore très costaud malgré un entraînement tronqué sur les dernières semaines).
Bilan : 6500 inscrits sur cette course. 4000 ont osé prendre le départ. 1980 à l’arrivée.


Ci-dessous l’article du quotidien la Montagne

4.056 au départ, 1.982 à l'arrivée. Cette statistique illustre à elle seule le degré de difficulté de l'étape Mondovélo qui s'est disputée hier. Olivier Rezel
«C'était l'enfer ! » La ligne d'arrivée tout juste franchie, après plus de neuf heures d'efforts, Thierry ne peut retenir ses larmes, dans les bras de sa compagne. L'épuisement et le froid sont venus à bout de sa résistance.
Et de la résistance, il en fallait une sacrée dose, hier, pour affronter les conditions dantesques qui ont émaillé les 208 km de l'étape Mondovélo reliant Issoire à Saint-Flour. Refroidis par les prévisions météorologiques, seulement 4.056 des 6.500 engagés s'étaient présentés sur la ligne de départ.
Mais lorsqu'ils donnent leurs premiers coups de pédales, les coureurs sont loin d'imaginer le chemin de croix qui les attend. Première station : le plateau du Bru (commune de Charmensac), après la côte de Massiac. Des rafales de vent balayent la route. Même les motards de l'organisation ont du mal à tenir leur deux-roues. Le brouillard et le froid donnent au plateau une atmosphère de fin du monde. « J'avais la moitié du visage paralysé. Mes doigts étaient secoués par des spasmes », observera, plus tard, Geoffray Wolvert, de Courbevoie, au ravitaillement du col de Prat-de-Bouc.
Au kilomètre 66, un couple d'agriculteurs de Chavanon accueille à son domicile les coureurs frigorifiés. Un vélo, puis deux, puis dix s'amassent devant la ferme de Serge et Florence. La maîtresse de maison sort des placards tous ses draps de bain pour couvrir les cyclistes.
Ceux qui n'ont pas eu la chance d'être hébergés par ces agriculteurs trouveront refuge, un peu plus loin, à Allanche. Les commerces sont pris d'assaut. « On était une trentaine à s'être abrités dans une boucherie. Tout le monde tremblait, claquait des dents. C'était l'apocalypse », raconte Bruno Mestre, qui avoue « abandonner très rarement ». Mais aller plus loin était au-delà des forces du coureur de Digne-les-Bains.
Et il n'était pas le seul. Devant cette hécatombe, la salle polyvalente est ouverte en catastrophe pour accueillir tous ceux qui sont en grande difficulté. « Certains étaient tétanisés au bord de la route, agrippés à leur vélo. Mais il n'y avait plus de place dans les ambulances », relève Laurent, de l'équipe médicale Dokever. Épuisés, en hypothermie, près de 600 coureurs ne dépasseront pas Allanche. Et pour ceux qui résistent, le Puy Mary se profile à l'horizon... bouché, forcément. Au sommet, à 1.589 mètres d'altitude, la température est de 2° ! Rien ne leur sera épargné.
À 14 h 40, « radio Mondovélo » annonce que 200 cyclistes, à bout de forces, attendent en haut du Col du Font de Cère qu'un bus vienne les chercher. La sélection naturelle continue.
Mais plus on avance dans la course, plus les coureurs refusent toute idée d'abandon. Dans le poste médical avancé du col du Prat-de-Bouc, à 54 kilomètres de l'arrivée, Matt Sutton se fait masser un mollet. Vraisemblablement une tendinite. « Il faut que vous buviez. En vous déshydratant, vous favorisez les crampes », conseille Lisiane, infirmière. L'Anglais remonte sur son vélo, bien décidé à finir la course.

Après un temps plus clément, la pluie vient à nouveau arroser la côte du château d'Alleuze. Mais Saint-Flour est proche. « J'ai pas fait tout ça pour m'arrêter là », souffle un concurrent, le visage grimaçant d'effort. Enfin, la montée des Orgues, puis la ligne d'arrivée. La délivrance et un sentiment de victoire bien justifié pour les 1.982 participants qui finiront la course.

Article Vélo 101 :
211 kilomètres, 3800 mètres de dénivellation, 8 difficultés majeures parmi lesquelles le Pas de Peyrol, le Perthus, et le Prat de Bouc. L'acte II proposé cette année était le deuxième plus long parcours jamais proposé aux cyclos après Limoges-Saint-Flour. Est-ce lié à Saint-Flour ou au cantal ? Toujours est-il que le parcours s'est révélé être le plus court de l'histoire pour beaucoup d'entre nous. Disons 70 kilomètres, la distance Issoire-Allanche, premier ravitaillement mis en place qui s'est révélé être le terminus des illusions mais surtout du calvaire pour beaucoup de coureurs.
6500 inscrits pour cette acte II, 4500 au départ donné sous la pluie, déjà certains avaient anticipé et préféré remettre à plus tard leur découverte du Cantal et des ses plateaux exposés au vent mais splendides quand la météo est de la partie. Première partie de parcours couleur carte postale avec notamment la remontée de la vallée de l'Allagnon où ça roule vite au sein de gros paquets sur une route en parfait état. Passage sur un pont bucolique et étroit, histoire d'amincir un peu les paquets puis remontée vers la côte de Massiac ou Thomas Voeckler a lancé son offensive le dimanche précédent. Tout se déroule parfaitement bien, chacun ayant choisi les options manchettes, gants longs, couvre-chaussures et plusieurs couches isolantes si possible.
C'est après la côte de Massiac que les choses se sont gâtées pour les courageux candidats, les 20 kilomètres de faux-plat montants jusqu'à Allanche se sont révélés un enfer avec le vent tantôt de face mais plus souvent de côté, en alternance, qui a obligé chacun à prendre, tenter de prendre, voire garder tout simplement sa place dans les bordures qui s'organisaient sous les bourrasques. Chaque carrefour, chaque croisement où étaient stationnées des voitures était le refuge précaire à un ou des coureurs pour s'abriter, sans doute aussi pour négocier, déjà, une navette pour rentrer sur Saint Flour et abréger le parcours du combattant que personne, si ce n'est la volonté de chacun, ne nous avait obligé à choisir.
Au lieu d'être un moment de plaisir, la descente de Chavanon s'est révélé être le catalyseur de décision pour beaucoup. Trop froid, trop engourdis, pas en mesure de maîtriser le vélo et de changer de plateau ; pour beaucoup, c'en était trop et le souvenir de la chute de Vinokourov dans la descente du Pas de Peyrol a du encore raviver la préférence pour le choix de mettre la flèche à Allanche et profiter de l'hospitalité, de la gentillesses des commerçants du village qui ont été inondés de cyclistes venus se réchauffer dans la boucherie, la boulangerie, le bistrot, entre autres. Le tout sans argent le plus souvent donc des coureurs incapables de faire marcher le commerce local et qui en plus empêchaient les "vrais" clients d'accéder. Tout s'est très bien passé et il faut souligner la cordialité des locaux qui étaient désolés qu'une telle météo, un 17 juillet, vienne montrer un "autre" visage du Cantal..

Pour les courageux, les guerriers, ceux qui ne flanchent pas à Allanche, place à Dienne puis la montée du Pas de Peyrol, où les 3 derniers kilomètres ont été effectués dans le brouillard, à la limite de la neige, et par une température de 3° maximum. Mêmes conditions pour le Perthus, autant dire qu'il fallait sérieusement s'alimenter et être attentif pour espérer toucher de meilleures conditions météo, surtout à partir du sommet de Prat de Bouc. 160 kilomètres dans des conditions météo terribles et les 50 derniers pour commencer à se réchauffer avant d'arriver sur Saint-Flour, pour profiter de la truffade-saucisse bien méritée et de la médaille de finisher qui ne sera pas galvaudée, et qui était plus que méritée. 

ACTIVITES

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